Devenir parrain Linux

, par  Genma , popularité : 1%

Quand je suis disponible, je participe à l’initiative du GUL Parisien Parinux le premier-samedi C’est un concept assez simple, le premier samedi de tous les mois, de 14h00 à 18h00 au Carrefour Numérique, un rendez-vous pour discuter, installer ou se faire installer une distribution GNU/Linux et des logiciels libres. ou encore aux Ubuntu-Partyjournées de promotion du libre par la découverte du système d’exploitation alternatif Ubuntu

Dans les deux cas, je suis amené à aider dans l’installation d’Ubuntu sur des ordinateurs de personnes venues pour se faire aider. Les personnes savent ce qu’elles viennent chercher : elles connaissent Ubuntu au moins de nom, le principe du logiciel libre, utilisent déjà la plupart des logiciels libres les plus populaires comme Firefox, LibreOffice ou Gimp et viennent pour avoir un double boot (quand elles souhaitent encore conserver Windows) ou un simple boot. Ce public est souvent assez âgé, la cinquantaine ou plus (souvent des retraités). Les bénévoles quand à eux, sont de tout âge, majoritairement des geeks trentenaires qui participent à ces install party depuis une dizaine d’années, quelques jeunes lycéens ou étudiants.

Je poursuivrais en citant une discussion via message de commentaire interposé sur un billet de Cyrille Borne où il conclue en disant Framasoft pourrait dire que je sème, j’ai surtout l’impression d’avoir planté, cultivé et abandonné le terrain qui est peut être un terrain vague aujourd’hui. Il faudrait remettre vraiment au centre les parrains Linux mais c’est une / ce sont une / des organisations que je ne vois jamais s’activer, jamais bougé.

Son idée qu’il manque des Parrains Linux ne cesse de tourner dans ma tête. Faire passer à du logiciel libre, c’est bien. Mais ensuite, il faut accompagner. Si on se contente d’installer une distribution sans faire le support derrière, on ne sert à rien. Il faut accompagner, éduquer, sensibiliser, aider pour les problèmes que la personne rencontrera. Car il n’y a pas que pour le système d’exploitation. Il y a les utilisations d’Internet, le mail, le Cloud, les problématiques de vie privée etc.

Les personnes qui viennent se faire installer à un système d’exploitation autre sont prêtes à apprendre. Savent qu’une alternative existe. Elles ont fait la démarche de se renseigner, en allant dans un club informatique près de chez elle ou en cherchant sur Internet... Elles assistent à des conférences comme celles que j’ai pu donner dans le cadre du festival numérique Numok dans les médiathèques de la ville de Paris. Elles sont demandeuses d’informations et de connaissances.

Je pense que le terme de Parrain Linux est trop restrictif. Il se limite à "accompagner et faire du support pour une distribution GNU/Linux". C’est déjà beaucoup de temps et d’engagement. Mais quand je vois tout ce qu’il y a enseigné et partager comme connaissances qui me semblent nécessaires en hygiène numérique (je ne parle même pas de l’autodéfense numérique, dans laquelle je mets le chiffrement, Tor etc.)...

Tout cela, je le fais sur mon temps libre, bénévolement et de bon cœur. J’ai du temps pour parler devant 50 personnes pendant deux heures ou plus un samedi après-midi et ce régulièrement, mais je n’ai pas le temps d’aider individuellement chacune de ces 50 personnes. Je peux répondre à quelques questions lors de ma conférence (que j’ai mis une dizaine d’heures à préparer la première fois et que j’améliore avec le temps), mais je n’ai pas le temps de répondre à toutes les questions qu’elles seront amenées à se poser. Car ces personnes approfondissent les sujets que je leurs aient présentées, elles se font leurs propres avis. Certaines veulent aller plus loin dans la protection de leurs vies privées, d’autres qui ne connaissaient pas le logiciel libre veulent y passer... Chaque personne est différente, chacune à un besoin d’accompagnement différent.

A défaut de mieux, le terme de Parrain Linux pourrait faire l’affaire dans un premier temps. Il faudrait trouver des personnes motivées prêtent à faire ce que j’appelle du S.A.V. lors de mes conférences : répondre à quelques mails de temps en temps, répondre dans les forums (pour que la réponse soit publique et est une utilité), enrichir, mettre à jour et corriger les documentations existantes. Tout cela est déjà fait, je le fais. Mais qu’en est-il de la visibilité de ce support ? Comment peut-on encore l’améliorer ?

Je me pose plein de questions auxquelles je n’ai pas de réponses. Pas encore ;-)