Été 2018 versus été 2019

, par  Genma , popularité : 2%

Introduction

Il y a un an, je publiais un article bilan suite au silence sur ce blog durant l’été. Les raisons étaient un surmenage de plusieurs mois... Été 2019 aura aussi été un nouveau moment de silence. Mais pour des raisons différentes. Comme publié dans un article début juin 2019, deux changements importants dans ma vie ont eu lieu. Du point de vue personnel, Mononoke est entrée dans ma vie, qui en est changée à jamais. Et du point de vue professionnel, je suis passé à une nouvelle étape.

Réorganiser mon temps

J’ai quitté mon ancien employeur. Et pourtant, plus de deux mois après, je sens que j’ai été profondément marqué par cette expérience. Il y aura eu des choses positives et de nombreuses choses qui auront forgés mon expérience et m’auront fait prendre conscience de beaucoup de choses. Un exemple parmi tant d’autres... Sur mes moments de temps libre (Mononoke dort, je veille sur elle du coin de l’oeil), j’ai passé du temps à faire différents textes, à dépiler mes flux RSS... Je suis tombé sur la remise en avant du billet 4 bonnes raisons de ne pas faire d’heures supplémentaires du site Welcome To the Jungle m’a amené à de nouveau réfléchir sur moi-même, sur où j’en étais et pourquoi et comment j’en étais arrivé là. Il y a un an je faisais une conférence à Passage en Seine qui partageait mon expérience sur le fait de ne pas compter ses heures, de s’invstir toujour plus. Et de faire des heures supplémentaires sans que rien ne soit demander. Un an plus tard, certaines choses ont changés : j’ai fini par quitter mon poste pour passer à autre chose et à une nouvelle vie professionnelle à venir. La composition de ma famille a aussi changée. Et je sais que plus jamais je ne m’investirai autant que j’ai pu le faire. Enfin, si, mais de façon différente. Je fais le choix de faire des heure supplémentaires mais avec et pour ma famille.

Un travail alimentaire

La période de silence est aussi lié au changement dans ma vie professionnelle. J’ai quitté le poste que j’occupais depuis deux ans et demi pour passer à autre chose. Celles et ceux qui me lisent régulièrement connaissent mon évolution et mon parcours, mais je souhaite le dresser de nouveau rapidement. J’ai eu, il y a une dizaines d’années, à mon entrée dans le monde du travail la chance de prendre un virage, passant d’études de Biologie au domaine de l’Informatique. Autodidacte, je suis entré dans une ESN (Entreprise du Secteur Numérique, nouveau nom des SSII) pendant un peu plus de 10 ans, me laissant porté, allant sur des missions longues pour des clients là où me disait d’aller. Ce qui a conduit à un bore-out (inverse du burn-out), une sorte de dépression et de remise en questions sur ce que l’on vaut vraiment, lié à des longues périodes d’ennui et d’inactivités, de non reconnaissances (une sorte de mise au placard). Début 2007 a eu lieu un changement de situation avec le passage à une seconde carrière professionnelle (qui aura été assez courte au final). S’en est suivi le métier passion, abordé sur ce blog via le partage de mon expérience. Deux années et demi assez intensives, à faire plein de choses, à faire des erreurs et à apprendre de ces erreurs. Pour différentes raisons tant personnelles (changement de vie avec l’arrivée de Mononoke) et professionnelles ces raisons ne seront pas abordées ici - obligation de droit de réserve et volonté personnelle ne pas en parler), j’avais besoin de passer à autre chose. De faire autre chose.

Je vais avoir 40 ans et un âge ou certain.e.s font le choix de faire un changement de vie et de passer à un autre mode de fonctionnement : auto-entrepreneur.se, travail au sein d’une coopérative ou d’une scope, dans l’associatif. J’ai fait un choix que beaucoup de mal auront probablement du mal à comprendre (moi-même j’ai encore du mal) : je suis retourné dans une ESN.

Après le métier passion, j’ai fait le choix d’un passage à un travail que je qualifierai d’alimentaire. Avec le métier passion, j’ai eu un vécu de différents métiers : admin-sys, chef de projet, j’ai fait du concret et de la mise en production, j’ai multiplié les expériences, parfois difficiles. Mais j’ai appris de ces expériences. Parfois, j’ai des regrets sur ma décision, quitter son métier passion devenu métier poison est dur. Car on veut encore y croire, se dire qu’on aurait pu s’en sortir. Et je me rappelle de tous ces moments compliqués et difficiles personnellement et je sais que j’ai eu raison.

Un travail alimentaire, c’est un travail qui apporte un salaire qui paie le loyer, les dépenses etc. J’ai négocié mon salaire et je n’ai pas à me plaindre. Le travail est alimentaire et une nécessité, mais je suis bien plus chanceux que beaucoup de personnes qui font des travails alimentaires.

Je suis donc retourné dans une ESN en connaissant tous les travers et problèmes d’une grande entreprise. Lourdeurs administratives et aucune agilité, beaucoup de réunions et de blabla, pour peu d’actions et de choses concrètes... Un travail cloisonné, dédié, avec ce sentiment qu’on ne doit pas sortir des sentiers battus. Je prends les transports en commun avec les contraintes que cela a pour aller travailler dans un openspace... Je dois travailler sur un PC en environnement Windows, contrôlé, verrouillé, sans aucune liberté... Je dois travailler avec des outils d’Intranet (la saisie des temps) uniquement fonctionnels sous Internet Explorer... Je dois travailler avec un environnement bureautique Microsoft Office, du cloud Office 365... Et puis qu’il faut bien ralentir la machine un antivirus qui scanne et vérifie le moindre fichier ouvert ou modifié. J’avais travaillé pendant des années sous Windows XP puis Windows 7 avant de passer sous Linux (j’avais des machines sous Windows et Linux à la maison). Puis j’ai été administrateur système, le responsable d’un S.I.. J’ai été root de ma machine. Et quand on a ses habitudes sous un environnement Linux configuré avec soin, quand on a pris ses habitudes avec Libre Office, quand on a une machine réactive, la lourdeur d’un poste en ESN sous Windows 7, les vieilles habitudes à reprendre et la perte des fonctionnalités des interfaces modernes (qui existent depuis des années comme les onglets dans le navigateur de fichiers). Tout cela pèse et c’est une réelle perte de productivité... C’est dur, je peste et je râle en mon fort intérieur.

J’évoquais le manque d’agilité. Il faut compter des jours voir des semaines pour obtenir une VM hors de prix, non flexible, avec des flux réseaux bloqués, des contraintes de proxys pour accéder à la VM, un coût à répercuter sur un projet.... Et les solutions techniques proposées qui sont des solutions propriétaires, fermées, maison, des usines à gaz... Des commerciaux qui vendent sans avoir les compétences techniques... On vend, on trouvera les ressources après. Le discours marketing est à base de "transformation digitale du workflow du management en méthode agile" de consultants qui parlent beaucoup mais ne connaissent pas la technique. Des as du Powerpoint (et encore, je suis plus rapide et efficace avec du concret via pandoc + beamer), qui ne savent pas faire usage d’un double écran (là où j’en utilise 3 au quotidien).

Bref, je connaissais tout ça et je retrouve à nouveau tout ça. Par choix. Car je pense que j’avais besoin de ça.

J’ai moins de liberté, mais aussi moins de dépendance au travail, plus de détachement. J’ai fait une prise de recul. J’ai mon vécu d’avant, mon expérience, donc je gère les contraintes et fait avec. Je vends du temps de cerveau, mon intelligence et du temps de mon corps, contre de l’argent. Je suis un esclave moderne. Et je contribue à entretenir le système. Mais le système est encore basé sur l’argent et je suis bien payé, j’accepte cette contrainte. Parfois quand je vois ces affiches Happy at work, je me dis comme si le travail pouvait rendre heureux. Il y a un côté aigri, contre-coup du boulot passion.

Pourtant, je suis dans une petite équipe avec quelques flexibilités : possibilité de télétravail, j’aménage mon emploi du temps, j’ai des responsabilités et contre des comptes à rendre, une certaine liberté. Je fais mes heures, mais pas plus. Je ne m’investis pas et ne m’investirai plus comme j’ai pu le faire, et cet environnement est plus propice à ça. Et j’ai ce petit plaisir que de me balader en t-shirt geek et sweat à capuches au milieu des cols blancs et costumes cravates. Tout le monde pense que je travaille au support informatique là où ce type d’habitudes vestimentaires est la norme, alors que sur ma fiche de poste, je suis chef de projet. Je vais ainsi chez des clients... J’en dirai plus sur le rôle exact et les thématiques dans des prochains billets.

Le présent billet est plus un partage, une volonté pour moi de comprendre comment j’en suis je arrivé là. Dans les retours que j’aurai, il y aura sûrement des "tu peux faire autre chose, tu peux trouver ailleurs etc." J’en ai conscience. J’ai cherché mais j’ai été tellement perdu, échaudé par ma précédente expérience que j’ai du mal à savoir quoi faire, vers où aller. Alors, j’ai pris des décisions. Celles d’avoir ma famille comme préoccupation majeure. Et d’avoir un travail alimentaire (et je le redis, j’en avais besoin, du moins pour quelques temps, et qui financièrement est très correct) me permet de préparer l’avenir pour ma famille, de ne pas avoir à me préoccuper de boucler les fins de mois et de ne laisser un peu de temps pour pouvoir me poser sereinement la question : qu’ai je vraiment envie de faire de ma vie.

Conclusions

Du fait des deux changements importants de début juin (naissance de Mononoke et fin d’une expérience professionnelle prenante et passage à un nouvelle vie professionnelle), j’ai dû revoir mon organisation et mon emploi du temps. Les journées passent et ont été réorganisées. Les semaines se sont écoulées rapidement. J’ai toutefois trouvé le temps de commencer des ébauches d’articles pour parler de la parentalité, des changements dans ma vie et partager mon expérience, tout comme des sujets de blogs plus traditionnels (des réflexions diverses et variés) et quelques billet sur des sujets techniques. A ça, j’ai rajouté le fait d’essayer de tenir un journal de bord pour Mononoke. J’écris moins régulièrement que je ne le voudrais mais j’essaie sur le peu de temps libre que j’ai que ce soit la priorité. Priorité relative car la véritable priorité actuellement va à ma vie de famille. Ça prend du temps, beaucoup de temps. Mais c’est l’essentiel pour moi, et je pense que c’est on ne peut plus compréhensible.

En résumé l’été 2019 aura été l’été du changement de la transition vers ma nouvelle vie. On verra quel impact cela sur le contenu de ce blog.