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Ce dont je ne peux pas parler... mais ce sur quoi j’ai un avis

D 3 juin 2015     H 10:00     A Genma     C 7 messages   Logo Tipee

TAGS : Les réflexions du Genma

Petit rappel : je suis un homme cis, blanc, privilégié, cadre sup et je n’ai pas d’enfant. Je vis en couple maritalement mais je suis LGBTQ friendly. De parents du monde ouvrier, j’ai une enfance ordinaire, plus ou moins heureuse ; avec des hauts et des bas, mais rien de bien compliqué. Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis, je suis un geek, j’étais parmi les rejetés au lycée, je n’ai pas beaucoup d’amis, ni une grande vie sociale. Je suis sujet à des moments de dépressions, parfois... Je pourrais faire une liste de points négatifs dans ma vie, de choses qui ne vont pas, comme je peux le faire parfois en me confiant dans des billets intimistes sur le blog.

Je suis un privilégié

Je suis privilégié parce que je suis un homme, blanc, valide. Parce que j’ai un salaire, parce que je paie des impôts, je mange à ma faim, parce que je rentre chez moi le soir. Je n’ai pas à subir de propos discriminatoire de part mes origines, ma sexualité, mon apparence, mon nom de famille ou autre. Je peux sortir en relative sécurité le soir et rentrer tard, je n’ai pas peur de me faire agresser sexuellement dans la rue. On ne me siffle pas, on ne m’insulte pas si j’ai une tenue qui me plait et qui dévoile des parties de mon corps. Le vigile ne me suit pas dans un magasin. La police ne me demande pas mes papiers d’identité. Je ne souffre pas de handicap... La liste des discriminations dont je ne serai jamais victime est longue. Donc oui, je suis privilégié.

Je suis sensibilisé

J’essaie donc de prendre conscience des propos que je tiens. Je ne rigole pas aux blagues sexistes, je les dénonce. J’essaie de ne pas juger les gens sur leurs apparences mais sur leurs actes, leurs propos. Qu’importe que ce soit un homme, une femme ou autre, qu’importe que ce soit un-e jeune, un-e vieux-ille, ce qui compte, c’est la façon d’agir, ce qui est dit. Si la personne souffre de ne pas être privilégié, j’essaie de l’aider de part mes privilèges. Je lui apporte des connaissances, de l’aide, un don financier, du soutien moral, ou tout autre action qui feront que pendant quelques instants, cette personne aura moins mal, souffrira moins, s’enrichira ou m’enrichira culturellement, intellectuellement ou autre. En tant que privilégié, j’ai le devoir d’aider les autres ; de sensibiliser les autres privilégiés à leurs propres privilèges, comme j’essaie de le faire par ce texte par exemple.

De ma légitimité

Je suis sensibilisé à différentes problématiques de type militant, mais j’estime que de part les nombreux privilèges que j’ai, je ne suis pas légitime pour parler de choses que je ne connais pas ou ne subis pas au quotidien. Comme je le disais, je ne serai jamais victime de discrimination de type raciale, sexiste. Je n’ai pas d’enfant, je ne peux donc parler des problématiques de l’éducation, de facilité de l’accessibilité à la pornographie des adolescents et de l’inpact sur le développement de leur vie sentimentale. Je ne suis pas client de prostitué, je ne connais pas de travailleurs du sexe, je ne peux donc pas parler de ce sujet.

Et pourtant

Pourtant j’ai mon avis sur ces sujets. Mais mon avis évolue avec le temps et les rencontres que je fais, plus particulièrement avec des personnes concernées par ces problématiques. Personnes du milieu LGBTQ, féministes, personnes racisées... J’essaie de prendre le temps d’écouter et de laisser la personne parler de sa propre expérience. Et surtout, j’essaie de changer mes apriori, mes avis déjà tout fait, mes idées préconçues.

Conclusion

Ce texte est une première approche de différents thèmes dont je souhaiterais parler par la suite sur le blog. A suivre donc ;-)

7 Messages

  • Hello,
    Je suis un peu dans le même cas que toi, en bien moins engagé - 3 enfants à la maison, ça n’aide pas non plus, mais je manque sans doute d’un certain courage de tenter de diffuser mes idéaux, aussi.
    Quoiqu’il en soit, je suis curieux de lire la suite !
    Dernière chose, pas dramatique, mais qui m’a piqué les yeux car tu l’utilises souvent : de par.
    Tiens, au passage, j’apprends que l’expression est d’ailleurs à éviter...


  • J’aime bien ton approche des choses toute en sensibilité. J’attends la suite avec impatience.


  • Pour ma part, je dirai... enfin ! :)

    Non pas que je n’aime pas tes billets informatiques, bien au contraire ! Mais j’aime lorsqu’on sort ses tripes, qu’on parle de ce que l’on ressent, et de sa vision du monde. Je ne peux que t’encourager dans cette voie.

    Cela nous donne des idées, des matières à débattre, à découvrir. Et puis ça permet de découvrir une facette de la personnalité de celui qui écrit, je trouve cela plus humain et enrichissant.

    Au plaisir de te lire donc... ;)


  • Un article que j’aurais pu écrire, vu les similitudes entre nos deux situations.
    Je suis d’accord avec toi, sur les privilèges dont on jouit involontairement.

    Par contre, le fait de ne pas avoir d’enfants par exemple n’exclut pas d’avoir une opinion sur le sujet, de se faire un avis et de l’exprimer. Avec moins de légitimité que quelqu’un qui en a, sans doute. Ça force l’ouverture d’esprit, car en l’absence d’expérience sur un sujet on doit se nourrir de la situation des autres.

    Autre exemple le harcèlement de rue est un phénomène dont je ne connaissais pas l’existence avant mes 20 ans et que j’apprenne sur Internet et dans mon entourage ce que c’est.


  • Salut !

    On a pas besoin d’avoir des enfants pour donner son avis sur l’éducation, au même titre que dans un monde libre idéal, on aurait pas besoin d’être geek pour donner son avis sur la dernière Debian :)

    Les opinions "extérieures" ont parfois l’avantage d’apporter un souffle neuf, un autre regard tout en étant normalement moins chargés d’idéologie(s) et de "principes".

    Pour le reste, un petit bémol même si je partage ta vision des choses : contrairement au savoir, à l’éducation ou à la tolérance ; l’accès à la bêtise est universelle.


  • On a pas besoin d’être victime de l’injustice pour être révolté par l’injustice.
    On a pas besoin d’être concerné pour se sentir concerné.
    On a pas besoin d’être ignorant pour apprendre de la parole des autres.
    On a pas besoin d’être concerné, de savoir pour avoir une opinion qui mérite d’être discuté.

    Cela s’appelle "être humain".

    Continue.


  • Après la lecture de cet article, je comprends soudain pourquoi nous nous sommes SI bien entendus !
    On est peu être âmes sœurs ! :D
    Des bisous, con (<- ponctuation Toulousaine ^^)
    et au plaisir de se revoir/converser rapidement :D

    Megami


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